Hommage à une grande reine

[...] Je ne vais pas tartiner sur son héroïsme, sur sa descendance pas toujours très digne, mais plutôt sur ce qu’elle incarnait en termes de continuité historique.
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(Extrait issu de la newsletter personnelle de Raphaël Pomey)
[…] Je ne vais pas tartiner sur son héroïsme, sur sa descendance pas toujours très digne, mais plutôt sur ce qu’elle incarnait en termes de continuité historique. Il y a en effet quelque chose de réjouissant à voir tous les démolisseurs, déconstructeurs et rebelles d’état forcés de s’incliner devant le souvenir de la grande dame, restée farouchement fidèle à la tradition de son sang et de son rang. Cette reine, chrétienne, était l’antithèse vivante du foutoir égalitaire, des «valeurs de la République» et du nouveau management des peuples.

J’ai peu regardé les émissions hommages consécutives à son décès. Mais je peux vous en faire un résumé: une femme d’un autre temps, l’occasion de dépoussiérer le fonctionnement de la famille royale et un nouveau roi, certes un peu gauche, mais qui a une réjouissante fibre écolo. Voilà. J’ai tenu cinq minutes devant ces foutaises et cette arrogance. Cela paraît peu mais j’ai quand même encaissé l’intervention d’un prof de littérature qui reprochait à la nouvelle première ministre anglaise d’avoir loué les vertus unificatrices de la reine, «tandis que le parti de Madame Liz Truss ne fait rien pour la grande majorité de la population». Ce serait dommage de ne pas utiliser un deuil pour pousser un peu son agenda de sangsue à subventions. […] La mort de la reine ne m’affecte pas. Je n’ai pas envie d’écouter le God Save The Queen des Sex Pistols ou de faire semblant de ne plus trouver de sens à ma vie parce qu’une vieille dame a rendu l’âme à Dieu. Je ne la connaissais que par écran interposé et elle n’était point de mon peuple. Mais avec elle, c’est une certaine idée d’un stoïcisme européen qui s’en va, et une discipline personnelle qui jurait délicieusement avec le règne larmoyant des Aurélien Barrau, du prince Harry ou des apologètes de la sous-culture woke.

Nommer, deux jours avant son décès, la nouvelle locataire du Downing Street est l’ultime acte de bravoure d’une dame qui représentait ce que notre civilisation a de meilleur. C’est aussi, d’une certaine manière, un pied de nez (on ne fait pas de doigts chez ces gens-là) à la déliquescence des mœurs modernes, à notre fragilité et à notre inconséquence. En ceci, la reine Elizabeth II sera, pour toujours, infiniment plus rebelle que les grotesques boomeurs qui lui vomissaient dessus dans leurs hymnes punks.
La reine est entrée dans l’éternité de Dieu. Puisse-t-elle prier pour nous, que son souvenir nous prémunisse d’entrer dans l’éternité des baudruches.
Vive la reine.

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